Lumière sur la période apocalyptique actuelle

L’Apocalypse de Jean, qui est le dernier Livre du Nouveau Testament, est d’une richesse symbolique et allégorique hors du commun. Il nous offre une grille de lecture pour comprendre l’accélération des événements catastrophiques et l’amplification de l’appauvrissement spirituelle qui caractérise le chaos planétaire dont nous sommes à la fois les acteurs et les spectateurs. Aussi, et c’est sans doute là le plus important, ce texte à la dimension profondément ésotérique, est une invitation à comprendre l’urgence absolue de l’intégration du positionnement intérieur grâce auquel chacun d’entre-nous peut réaliser son apocalypse intérieure et atteindre, par conséquent, l’illumination spirituelle, qui est la seule et unique manière d’actionner le levier du changement révolutionnaire dont le monde a besoin pour inverser le cours des événements et bâtir les fondations sur lesquelles la Nouvelle Terre pourra s’établir.

Eu égard à la richesse et à la profondeur de son contenu, la réalisation d’une analyse complète de l’Apocalypse de Jean représente un travail d’une ampleur colossale, avec toute la marge d’erreur qu’une telle démarche comporte inévitablement, dans la mesure où cette œuvre magistrale a été rédigée il y a deux millénaires, à une époque où les références culturelles et sociologiques étaient différentes de celles qui caractérisent notre époque moderne. Avec toute la prudence et la réserve qui s’imposent donc pour ne pas déformer et pervertir le sens symbolique de ce texte sacré, nous limiterons notre interprétation à quelques passages que nous estimons particulièrement importants pour comprendre le chaos actuel et l’influence individuelle et collective du grand principe de la division qui en est la cause. Cet exposé nous permettra d’offrir à nos lecteurs une synthèse de notre enseignement qui, nous l’espérons, leur sera des plus utiles en cette période troublée où l’engagement dans la voie spirituelle est devenue une condition de survie pour l’âme vivante.

 

Ce que l’apocalypse n’est pas…

L’apocalypse n’est pas du tout, comme on le croit généralement, une expression synonyme de « fin du monde » ou de « fin des temps ». Cette fausse croyance a été instillée dans la conscience collective par les propagandes de faux prophètes et de mouvements pseudo-religieux qui s’en sont servis, et continuent de s’en servir d’ailleurs, pour manipuler les personnes sincères qui se rendent à l’évidence que les valeurs matérialistes du monde moderne nous mènent tout droit à la catastrophe et qui, en conséquence, sentent l’élan d’un retour au sacré, au vrai, au juste et au bon. En jouant sur la corde sensible de la peur et en donnant de faux espoirs à ces personnes, ils les enchaînent à un système de croyance dogmatique et les détournent de la voie du juste milieu, sur laquelle elles devraient pouvoir s’engager pour réaliser leur potentiel et contribuer ainsi à bâtir le nouveau monde auquel elles aspirent sincèrement. L’endoctrinement est parfois tel que ces personnes sont persuadées d’être dans la vérité, dans le juste, alors qu’elles sont encore et toujours perdues dans les dédales obscurs de leurs fausses croyances, desquels il leur sera d’autant plus difficile de sortir qu’elles sont fortement identifiées à l’impression valorisante de faire partie des « élus ». Sous cette couche de croyances et de contraintes morales imposées par les fausses doctrines auxquelles elles adhèrent, l’âme de ces personnes continue d’être brimée, étouffée, réprimée. Leur esprit embourbé dans l’illusion « manque la cible » et au final, ces personnes renforcent l’emprise de ce dont elles souhaitent se libérer, tant à l’intérieur d’elles-mêmes qu’à l’extérieur, dans le monde. Car en effet, tant que l’esprit de division sera à l’œuvre en l’homme, il se manifestera dans le monde.

Révélation de Jésus-Christ, que Dieu lui a donnée pour montrer à ses serviteurs ce qui doit s’accomplir rapidement. Et il l’a manifesté par des signes, en envoyant son ange à son serviteur Jean, lequel a été témoin de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus-Christ selon tout ce qu’il a vu. Heureux celui qui lit et ceux qui entendent cette prophétie, car le temps est proche. » Apocalypse 1:1-3

D’un point de vue exotérique, religieux, l’apocalypse est une « révélation » ; la révélation de Jésus-Christ, qui a délivré son message sous la forme de symboles, par l’intermédiaire de son ange, envoyé à son serviteur Jean, comme cela est écrit dans le tout premier verset retranscrit ci-dessus. L’ange dont il est question ici, est un symbole de l’Intellect supérieur, celui du Pur Esprit. C’est donc la Connaissance suprême que Jean perçoit sous la forme de certains symboles (« les signes », dans le passage ci-dessus), qui « habillent » cette Vérité d’une manière qui fut compréhensible pour Jean à partir des archétypes mentaux dont il fut pourvu au moment de cette révélation. Les symboles transmis à Jean par l’Esprit sont universels et intemporels, afin que les générations futures (que nous sommes) puissent en saisir le sens et s’en inspirer pour se positionner de la manière la plus juste possible face aux événements qui doivent inévitablement s’accomplir jusqu’à la fin du cycle, qui coïncidera avec la descente de la Jérusalem Céleste, c’est-à-dire l’instauration du Paradis terrestre, la Nouvelle Terre. Les symboles de cette révélation étant universels, ils peuvent être compris par les croyants de toutes les religions. Croire que seuls les chrétiens et ceux qui acceptent de se convertir au christianisme sont susceptibles de comprendre le message de l’Apocalypse de Jean et d’être « sauvés » en cette fin de cycle, est une grave erreur. Bien qu’il serve de base doctrinale à la religion chrétienne, cet enseignement, au même titre que ceux de tous les autres Livres des Évangiles, n’est pas la propriété exclusive du christianisme, mais fait partie de l’héritage de la Tradition primordiale, laquelle appartient à toute l’Humanité.

 

Le sens symbolique de l’apocalypse

Et la Bête fait de grands prodiges, jusqu’à faire descendre le feu du Ciel sur la terre devant les hommes. » Apocalypse 11:13

Pour bien comprendre le rôle du symbole dans l’Apocalypse de Jean, citons les propos du Dr. Jean Marchal en référence au passage ci-dessus : « Admirons ici la précision de l’image symbolique transmise par saint Jean qui va jusqu’à décrire la domestication de l’électricité par la machine : « La Bête fait descendre le feu du ciel à la vue des hommes ». […] Cette image n’est pour nous qu’allégorique puisqu’elle ne fait que représenter avec des formes existant du temps de saint Jean une réalité moderne que nous connaissons bien, la machine. Mais elle était autrefois réellement symbolique en ce qu’elle permettait de suggérer une réalité future, alors totalement inconnue et impensable, inimaginable, et qu’il aurait été impossible d’évoquer autrement que par ces images symboliques. »[1]. En effet, l’Esprit n’aurait pas pu transmettre directement la connaissance de la domestication de l’électricité à Jean car cette technologie n’existait pas à son époque et son mental était par conséquent dépourvu des archétypes en lien avec elle. Cela signifie que s’il avait reçu de l’Esprit la vision de l’électricité utilisée par l’homme dans le monde moderne, il n’aurait pas pu nommer ce qu’il voyait. Par contre, en utilisant l’image de l’utilisation du « feu du ciel » par l’être humain, nous pouvons aujourd’hui comprendre qu’il s’agit symboliquement de la domestication de l’électricité par l’homme moderne. Ce passage ne doit toutefois pas nous laisser penser que l’électricité est mauvaise en soi. La « Bête » dont il est question ici dans ce passage est un symbole de l’usage perverti et malsain de la technologie par l’être humain inconscient et irrespectueux, et non de la technologie elle-même.

Ainsi, pour être compris dans toute sa profondeur, l’Apocalypse de Jean ne doit pas être appréhendée de manière littérale, mais bien symbolique. Dans le cas contraire, nous pourrions commettre de graves erreurs d’interprétation qui risqueraient de nous éloigner considérablement de la vérité transmise par l’Esprit à Jean. Malheureusement, l’interprétation littérale du Livre de l’Apocalypse, qui s’est étendue à tous les textes sacrés par ailleurs, est devenue la norme depuis que l’esprit traditionnel s’est laissé gangrener par le rationalisme. Cette tendance à tout interpréter depuis un angle de vue « matérialiste », analytique, qui est apparue à la Renaissance et qui n’a jamais cessé de s’amplifier jusqu’à nos jours, a également infiltré l’esprit religieux et l’a rongé de l’intérieur. Pour faire bonne figure au sein d’un monde moderne qui désacralise tout, qui inverse toutes les valeurs, l’esprit religieux a dû renier sa propre essence. Alors qu’avant la Renaissance, la valeur symbolique des textes sacrés était considérée, c’est désormais une interprétation matérialiste, toute littérale, qui en est faite, avec pour conséquence l’amplification de la séparation et de la division, tant horizontalement (les êtres humains entre eux) que verticalement (les êtres humains et Dieu). C’est un comble que la religion, dont la fonction est de relier, comme en témoigne l’étymologie[2] même du mot, soit désormais au service de l’esprit diabolique, qui divise pour mieux régner. Cette perversion de l’esprit religieux est d’ailleurs sous-entendue dans les Lettres aux Sept Églises, contemporaines de Jean, mais qui symbolisent les Églises de toutes les époques ainsi que les religions traditionnelles (cf. Apocalypse chapitres 2 et 3).

Lorsque nous faisons une lecture symbolique des textes sacrés, nous reconnaissons l’essence commune de toutes les religions et comprenons l’universalité de leur message, au-delà des formes qui habillent ce message et qui sont naturellement différentes les unes des autres puisqu’elles ont été utilisées par les grands Sages pour enseigner les Lois divines dans des contextes socioculturels éloignés les uns des autres, dans lesquels les besoins, les références idéologiques et les mentalités des individus étaient parfois très différents. C’est la raison pour laquelle les enseignements des grands Sages ont été transmis avec des images, des paraboles, des expressions différentes. Toutefois, la vérité derrière tous ces symboles est la même. Il s’agit là précisément de la fonction même du symbole : permettre à l’esprit qui sait l’interpréter de comprendre les principes ainsi que les Lois divines qui influencent l’être humain, tant à l’intérieur (microcosme) qu’à l’extérieur (macrocosme).

 

Une lecture ésotérique…

La différence entre la réalité intérieure vécue par un être humain et la réalité extérieure à laquelle il est confronté, est ici exactement la même que celle qui existe entre sa présence devant un miroir et l’image reflétée que celui-ci lui renvoie. En d’autres termes, tout ce que l’Humanité est en train de vivre à l’échelle planétaire est la conséquence visible, manifestée, de ce qui se passe dans la réalité intérieure de tous les êtres humains. Les conséquences extérieures reflètent les causes, toutes intérieures. Le message symbolique de l’Apocalypse de Jean s’applique donc autant à la réalité extérieure partagée par l’ensemble des êtres humains qu’à la réalité intérieure vécue par chaque individu. Cela nous amène à dire qu’il est possible d’appréhender cet enseignement tant d’un point de vue exotérique (extérieur) qu’ésotérique (intérieur), à condition bien sûr que la lecture soit symbolique et non pas littérale.

Si une lecture exotérique est intéressante en cela qu’elle permet de comprendre l’influence des forces qui sont à l’œuvre dans le monde ainsi que les étapes successives par lesquelles l’Humanité est amenée à passer jusqu’à l’avènement de la Nouvelle Terre, elle ne permet toutefois pas de comprendre les causes intérieures qui engendrent de telles conséquences à l’extérieur. Pour cela, nous devons nous intéresser à la dimension ésotérique de l’Apocalypse de Jean. Grâce à cette lecture, nous pourrons comprendre comment bâtir premièrement en nous-mêmes les fondations de la Nouvelle Terre qui ne peut advenir sans cet effort sur soi-même réalisé par les « élus », puisque les conséquences extérieures sont toujours à l’image des causes intérieures.

Cela étant dit, l’œuvre d’illumination intérieure réalisée par toutes les personnes sincères acquises à cette cause, n’empêchera pas la prophétie de Jean de s’accomplir. Ce qui a été écrit doit se manifester selon un Plan divin parfait et immuable ou, ce qui revient exactement au même, selon l’ordre naturel des choses. Cela signifie que l’ensemble de nos actions, présentes et futures, contribuera parfaitement à l’accomplissement du Plan divin, que leur nature soit harmonieuse ou disharmonieuse. Dès lors, toute la question est de savoir COMMENT nous voulons vivre cette fin de cycle. Souhaitons-nous pouvoir traverser les événements à venir dans l’acceptation sereine et joyeuse du Plan divin, ou décidons-nous de subir ces mêmes événements en réagissant par la peur et la souffrance ? Le libre-arbitre est nôtre ; à nous d’en faire usage dans le sens de ce que nous voulons vraiment vivre. C’est là le fondement même de l’existence de cette prophétie : prévenir afin que ceux qui ont foi en ce message puissent se préparer au mieux à vivre la période apocalyptique.

 

Le symbolisme de l’Agneau égorgé

Ésotériquement, le mot « apocalypse » doit être compris comme l’action par l’intermédiaire de laquelle ce qui est occulté sort de l’ombre et s’unit à la Lumière de la connaissance, celle de l’esprit individuel libéré des voiles de l’obscurantisme qui étaient jusque-là créés par le principe de la division auquel cet esprit s’identifiait, dans l’illusion, l’ignorance et l’oubli de sa véritable essence. La traduction littérale du terme grec apokálupsis est on ne peut plus explicite : il s’agit bien d’un « dévoilement ». Les sens de « révélation » et de « mise à nu » permettent également de signifier avec justesse l’opération par laquelle ce qui était caché par le voile de la fausse identification de l’esprit, peut sortir de l’ombre et se révéler au grand jour. Cette mise en lumière de l’ombre est une transmutation au sens alchimique du terme, qui place le processus apocalyptique intérieure au niveau de l’étape de l’œuvre au blanc alchimique.

D’un point de vue exotérique, le symbolisme de l’Apocalypse de Jean est interprété extérieurement à l’individu et Jésus-Christ incarne par conséquent le Verbe divin qui triomphe du Dragon, dans le monde, dans le macrocosme. A partir de cette lecture, l’Agneau égorgé symbolise le Christ-Jésus crucifié, qui s’est sacrifié pour laver les péchés de l’Humanité, ou autrement dit, pour écouler le karma résiduel collectif de cette Humanité. Le triomphe du Verbe sur le Dragon symbolise la Résurrection du Christ et, par là même, le retour du Messie sur terre. Comme nous l’avons expliqué plus haut, tout ce qui se passe sur terre n’est que la manifestation collective de ce qui se passe à l’intérieur de chaque être humain. Par conséquent, tout ce qui est décrit symboliquement dans l’Apocalypse de Jean doit donc pouvoir être transposé, par analogie, à ce qui se passe à l’intérieur de l’être humain, dans le microcosme. De ce point de vue ésotérique, l’Agneau égorgé symbolise l’ombre présente en chaque être humain, c’est-à-dire son karma résiduel, l’ensemble de son potentiel vital réprimé, brimé. La révélation du Christ représente le dévoilement de l’ombre en nous-mêmes : les élans vitaux de notre âme, qui étaient jusque-là étouffés, anesthésiés, bloqués, dans notre subconscient, sortent de l’ombre, et cette mise à nu se fait sentir sous la forme de la souffrance. En d’autres termes, par ce dévoilement, nous payons notre karma résiduel, et la souffrance de notre âme vivante est le sacrifice du christ en nous, qui vit la souffrance pour nous absoudre de nos péchés.

Pour que notre dette karmique puisse être « payée », notre karma résiduel, qui est l’ensemble des énergies vitales bloquées de notre âme, doit pouvoir être remis en mouvement et s’élever le long de l’axe central de notre corps, le nâdî sushumnâ. Cette remise en mouvement est ressentie comme une souffrance, et c’est là tout le symbolisme de la souffrance du Christ-Jésus crucifié. aucoeurduvivant caducee elan sarroEn effet, comme nous l’avons expliqué dans notre article La vie de Jésus, tout un symbole, le Christ-Jésus crucifié symbolise la restauration de notre feu intérieur qui a retrouvé un mouvement fluide et qui peut par conséquent s’écouler librement de la base de la colonne vertébrale jusqu’au 3ème œil. Cet éveil de l’énergie vitale n’est toutefois pas possible sans passer par la souffrance puisqu’il faut payer les conséquences de nos péchés, par lesquels nous avions réprimé, étouffé, brimé cette même énergie vitale. L’élévation de l’énergie vitale le long du nâdî sushumnâ est symbolisée par les serpents enroulés autour du bâton dans le caducée d’Hermès (voir illustration ci-contre), et également par le serpent enroulé autour de la perche de Moïse[3] et autour du bâton d’Esculape. Jésus lui-même s’identifiait à ce serpent lorsqu’il disait, dans Jean 3:14 :

Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. »

Ce paiement du karma résiduel se fait progressivement, dans un mouvement ascendant, soit du bas vers le haut le long du nâdî sushumnâ. Cette libération graduelle de notre karma résiduel est un passage douloureux car il faut obligatoirement accepter de revivre la souffrance qui est en quelque sorte le « prix à payer » pour nous libérer de l’emprise de l’esprit de division auquel nous nous sommes identifiés à chaque fois que nous avons péché, donc à chaque fois que nous avons agi d’une manière nuisible, répressive pour notre âme vivante. En ce sens, ce processus de mise en lumière de nos ombres est une « descente aux enfers ». Accepter de vivre la souffrance pour se libérer, s’éveiller, n’est pas possible sans le renoncement aux stratégies d’évitement de l’esprit de division pour qui cette transmutation alchimique est forcément désagréable, dégradante, compromettante. La tentation d’éviter cette transmutation douloureuse est parfois si puissante que nous ne pouvons faire autrement que d’y céder, en ayant recours à un ensemble de stratégies inhibitrices dont l’effet est d’interrompre l’élévation de l’énergie vitale en l’occultant derrière le voile de ces réflexes conditionnés. En interrompant ainsi le processus désagréable de la transmutation, nous échappons à la souffrance et nous nous en trouvons superficiellement rassurés, apaisés. C’est de ce sentiment agréable et de l’euphorie qui en découle bien souvent que nous devenons de plus en plus dépendants, renforçant d’autant l’emprise de ces réflexes conditionnés sur notre psyché.

aucoeurduvivant agneau immole elan sarroTout ceci est symbolisé par un passage capital de l’Apocalypse de Jean : l’ouverture des sept sceaux par l’Agneau égorgé. L’Agneau égorgé symbolise l’ombre remise en mouvement, dévoilée, révélée, mise à nu, qui se sacrifie par sa souffrance rédemptrice, et qui s’élève le long de l’axe lumineux de notre corps, le nâdî sushumnâ, sur lequel sont étagés les sept centres d’énergies majeurs appelés chakras dans la tradition orientale. Au passage de cette énergie vitale restaurée, les chakras s’ouvrent les uns après les autres, à la manière d’une fleur qui s’épanouit sous l’effet de la montée de la sève. Cela correspond bien au passage de l’Apocalypse, puisqu’il y est clairement dit que c’est l’Agneau égorgé qui ouvre les sept sceaux, les uns après les autres. Chose intéressante, le mot « sceau » se traduit en hébreu[4] par chowtham, qui signifie également « anneau », dont la forme circulaire est précisément celle des chakras.

La régénération de l’ombre intérieure étant vécue comme une souffrance, elle s’accompagne inévitablement de l’impulsion très forte de l’étouffer, de l’anesthésier, ou de l’éliminer le plus rapidement possible. Ce réflexe conditionné provient de la connaissance diabolique du bien et du mal. Comme nous l’avons expliqué lorsque nous avons commenté le récit de la chute hors du Jardin d’Éden[5], certains élans de vie de l’âme ont été assimilés, par le fait de l’identification à cette connaissance du bien et du mal, à quelque chose de mauvais, alors qu’ils reflètent pourtant le Bien suprême, la Volonté, l’Amour et la Perfection divine. Croyant à tort qu’ils sont mauvais, ces élans de vie de notre âme ont été occultés par diverses stratégies et mécanismes de défense égotiques. Ne pouvant être détruits, ces élans de vie ont simplement été refoulés dans le subconscient − à l’état d’ombres − et à chaque fois qu’ils se faisaient sentir, le réflexe conditionné de l’ego dysfonctionnel a été déclenché pour échapper au sentiment de faiblesse, de vulnérabilité et à tous les états d’âme désagréables ressentis comme une souffrance (culpabilité, honte, tristesse, vide, dépression, etc.). Au lieu de nous aligner sur la Lumière de l’Esprit en accueillant inconditionnellement ces élans de vie christiques, nous avons « manqué la cible » en nous laissant « hypnotiser » par cet ensemble de réflexes conditionnés, dont nous sommes devenus les esclaves[6]. Au lieu de nous aligner sur l’axe du milieu et servir ainsi de tuteur le long duquel l’énergie vitale pourrait harmonieusement s’élever, nous avons péché en déviant l’attention de notre esprit individuel (ego) hors du vivant. Privé du facteur harmonisateur de l’esprit focalisé sur lui, le vivant est devenu chaos. C’est ainsi que nous avons créé et accumulé notre karma résiduel, dont la libération passe obligatoirement par cette apocalypse intérieure, révélation désagréable puisqu’elle ravive la souffrance.

Au lieu de nous abandonner à la souffrance et de lui permettre ainsi de se transmuter totalement, nous souhaitons lui échapper. Au lieu de nous soumettre à la Volonté divine, en alignant notre esprit individuel sur la Lumière de l’Esprit qui nous traverse en notre centre et dont la Volonté suprême est d’aimer inconditionnellement le vivant, à chaque instant, nous nous laissons influencer perversement par les impulsions d’attraction et de répulsion mal orientées par notre ego, qui nous sort de nous-mêmes et dévie notre attention en périphérie, dans le monde des illusions. Au lieu d’être les esclaves de Dieu, nous sommes les esclaves de l’ego-diabolos qui s’oppose à l’éveil de notre christ intérieur.

 

L’Agneau de la tradition chrétienne et l’Agni de la tradition védique

Ouvrons une petite parenthèse pour parler de la correspondance entre l’Agneau chrétien et l’Agni védique. Outre leur caractère sacrificiel ainsi que leur ressemblance phonétique, l’un et l’autre représentent le feu intérieur qui anime l’individualité. Comme l’Agneau, Agni est un symbole de cette énergie vitale de nature ignée qui s’élève le long du nâdî sushumnâ et qui ouvre les chakras à son passage à leur niveau. D’ailleurs, le swastika de la tradition védique, qui est souvent utilisé comme symbole d’Agni, représente l’élévation de la double spirale de l’énergie vitale le long de l’axe central de l’anatomie subtile de l’être humain, tout comme le caducée d’Hermès. Le swastika, appelé « croix gammée » en occident du fait que ses quatre branches ont la forme de la lettre grecque gamma (elle-même symbole de la Gnose ou Connaissance suprême), est l’équivalent du taijitu de la tradition taoïste, qui lui aussi représente le mouvement ascensionnel en double spirale de l’énergie vitale. Ce principe vital est le feu de la Kundalini éveillée qui, lorsqu’il circule de manière totalement fluide à l’intérieur de l’individu, fait de lui l’Homme nouveau dont parle le Nouveau Testament (cf. Épître aux Éphésiens 4:23-24).

aucoeurduvivant swastika taijitu elan sarroEnfin, pour établir d’autres correspondances remarquables entre la tradition hindoue et la tradition chrétienne, citons René Guénon : « alors paraîtra le Kalkin-avatâra[7], celui qui est monté sur le cheval blanc, qui porte sur sa tête un triple diadème, signe de la souveraineté dans les trois mondes, et qui tient dans sa main un glaive flamboyant comme la queue d’une comète ; alors le monde du désordre et de l’erreur sera détruit, et, par la puissance purificatrice et régénératrice d’Agni, toutes choses seront rétablies et restaurées dans l’intégralité de leur état primordial, la fin du cycle présent étant en même temps le commencement du cycle futur. Ceux qui savent qu’il doit en être ainsi ne peuvent, même au milieu de la pire confusion, perdre leur immuable sérénité ; si fâcheux qu’il soit de vivre dans une époque de trouble et d’obscurité presque générale, ils ne peuvent en être affectés au fond d’eux-mêmes, et c’est là ce qui fait la force de l’élite véritable.[8] ». Et encore : « le Kalkin-avatâra, celui qui est monté sur le cheval blanc, et qui doit venir à la fin de ce cycle, est décrite dans les Purânas en des termes rigoureusement identiques à ceux qui se trouvent dans l’Apocalypse, où ils sont rapportés à la « seconde venue » du Christ.[9] »

 

L’apparition des quatre cavaliers

Le cavalier monté sur un cheval blanc, auquel René Guénon fait référence dans l’extrait ci-dessus, revêt un caractère positif puisqu’il représente la seconde venue du Christ. Dans le Livre de l’Apocalypse, l’ouverture des quatre premiers sceaux coïncide avec l’apparition de quatre cavaliers, qui sont quant à eux négatifs. Ils symbolisent des états de conscience duels fondés sur l’identification à l’ego dysfonctionnel, qui ont pour but de réprimer l’écoulement du karma résiduel. Ces quatre cavaliers symbolisent les réflexes conditionnés dont nous parlions plus haut, qui nous font « manquer la cible ». Les chevaux qu’ils montent symbolisent l’énergie vitale que ces cavaliers vont réprimer, détourner, pervertir, aux niveaux des quatre premiers chakras, l’empêchant par conséquent de s’élever harmonieusement jusqu’au quatrième chakra, qui est celui du cœur (anâhata en sanskrit). Ceci est particulièrement intéressant lorsque l’on sait que la germination du potentiel christique ne peut commencer qu’au niveau du chakra du cœur justement. Ce commencement de la germination, qui coïncide avec la seconde naissance − soit l’entrée dans l’étape initiatique de l’œuvre au blanc alchimique −, est donc empêché par ces états de conscience dualistes qui maintiennent l’individu dans l’identification à sa nature la plus inférieure, quand bien même chercherait-il à s’en débarrasser. En conséquence, cet individu ne peut aller au-delà de l’œuvre au noir alchimique, celle de la putréfaction symbolique de la graine dans laquelle est contenu le potentiel christique. Cet individu demeure embourbé dans le labyrinthe de l’existence, projeté en périphérie de lui-même, cherchant désespérément dans le monde l’accomplissement qu’il n’y trouvera jamais.

aucoeurduvivant quatre cavaliers apocalypse elan sarroLes quatre cavaliers symbolisent donc un ensemble d’états d’esprit fondés sur l’identification à l’ego-mental diabolique. Lorsque nous disons « diabolique », nous entendons employer cet adjectif dans son acception strictement étymologique, à savoir « qui se jette en travers ». L’esprit individuel (ego) est diabolique lorsqu’il s’illusionne en s’identifiant à de fausses croyances mentales et qu’il oriente à mauvais escient les impulsions d’attraction et de répulsion de sa nature inférieure. Dans notre article Qu’est-ce que l’ego ?, nous avons expliqué en détail ce mécanisme de déportation qui dévie l’attention de l’esprit hors du vivant et qui lui fait par conséquent commettre le péché. Nous y avons donné de nombreux exemples concrets permettant de comprendre comment le péché est commis lorsque nous sommes sous l’influence de cet esprit diabolique qui « se jette en travers » de la Lumière de l’Esprit et du vivant qui sollicite son accueil inconditionnel. Le vivant étant privé de cette Lumière ordonnatrice de l’Esprit, il ne peut s’élever et s’épanouir complètement. En conséquence, la souffrance est réprimée et le karma résiduel ne peut être payé.

Ce mécanisme d’occultation réalisé par l’ego-mental diabolique est on ne peut plus facilement observable de nos jours, où les valeurs ont été inversées à un point tel que la désacralisation et la superficialité des choses sont devenues la norme recherchée par la majorité. Tout est fait pour maintenir l’individu en périphérie de lui-même, dans la recherche effrénée de sources de stimulations sensorielles et mentales sensées lui permettre d’interrompre l’écoulement du karma résiduel à chaque fois que celui-ci s’initie en lui. L’homme moderne est devenu semblable à un robot piloté par des programmes automatiques qui sont ces réflexes conditionnés de l’ego dysfonctionnel. S’il ne peut se nourrir avec ces sources de stimulations habituelles, il se sent comme un drogué en manque. Face au silence et au vide qu’il ressent lorsqu’il n’est pas stimulé mentalement et sensoriellement, il éprouve un sentiment angoissant et dépressif, qui est l’une des expressions de la souffrance de son âme. Alors, plutôt que de s’abandonner à cette souffrance pour lui permettre de se libérer, il cherche à l’anesthésier par n’importe quel moyen, et le plus rapidement possible. Le problème est que, comme pour le drogué qui finit par s’habituer à sa dose, il lui faudra continuer à augmenter cette dose pour ressentir l’apaisement résultant de l’étouffement de la souffrance. A l’échelle collective, nous comprenons donc pourquoi le monde moderne a atteint un tel niveau de désolation : c’est le règne de la quantité, de la superficialité, de la dispersion, de la vulgarité, de l’obscénité, de la dépravation, de l’immoralité, dont le degré de manifestation semble suivre une courbe exponentielle. On va toujours plus loin dans cette inversion des valeurs, tant et si bien qu’il en faut toujours plus pour se sentir exister en dehors de soi-même. Et malheureusement, la tendance n’est pas encore prête de s’inverser.

 

L’écoulement du karma résiduel

Toutefois, ce n’est pas parce que le karma résiduel est réprimé et qu’une couche artificielle de paix et de plaisir est créée en surface, qu’il disparaît pour autant. Fréquemment, les ombres remonteront en surface, et avec d’autant plus de force qu’elles auront été violemment repoussées dans le subconscient par les stratégies inhibitrices de l’ego. Bien entendu, cela fait le jeu des diverses industries qui peuvent ainsi compter sur le besoin de stimulation dont la satisfaction doit être sans cesse renouvelée. C’est là le caractère diabolique de la seconde Bête du Livre de l’Apocalypse qui assoit sa domination par l'influence électromagnétique subliminale néfaste qu'elle émet en permanence ainsi que par les sources de stimulations mentales qu’elle offre via les différents moyens technologiques modernes, plongeant toujours plus profondément le collectif humain dans un état de dépendance, d'abrutissement et d'hypnose. Certaines personnes ont pris conscience de cela et, en conséquence, ont modifié leurs habitudes de consommation, de manière à « sortir du système ». Toutefois, elles continuent de le nourrir par leur état d’esprit, en s'identifiant à des schémas de pensée qui empêchent l'éveil de leur nature christique. Elles restent focalisées sur les problèmes de ce monde et s’acharnent à les condamner et à vouloir les combattre à partir d’un esprit de révolte, dilapidant leur énergie vainement, ne créant rien de vraiment utile pour elles-mêmes et pour la collectivité. Malheureusement, peu de gens ont compris le piège de l’indignation et le service qu’elle rend à l’esprit diabolique qui récupère et détourne l’élan sincère de l’individu qui souhaite s’émanciper et vivre sa vie rêvée. Citons à ce propos le sage Lanza del Vasto, disciple de Gandhi :

C’est l’heure où jamais de rappeler aux rebelles en mal de liberté qu’ils tournent le dos à leur libération et forgent à grands coups leur propre chaîne. Ceux qui se flattent de dompter les formidables forces de la nature inférieure se verront dominés, enchaînés par elles. Celui qui applique tout son esprit à la matière, l’esprit de la matière s’emparera de lui, et l’esprit de la matière est nécessité, division, ténèbres et mort[10]. »

En effet, les indignés que l’on retrouve de plus en plus nombreux dans les mouvements de la pseudo-dissidence[11], ne font au final que renforcer ce qu’ils prétendent combattre. Si les dérives du monde moderne sont souvent dénoncées avec lucidité, l’état d’esprit n’est malheureusement pas le bon. En se focalisant sur ces choses extérieures, et bien que ces personnes puissent avoir raison sur de nombreux points, elles maintiennent leur attention hors du vivant, et celui-ci ne peut par conséquent pas s’éveiller. Le karma résiduel n’étant pas libéré, ces personnes ne peuvent incarner la force de changement constituée par la vibration lumineuse de leur âme restaurée dans son état primordial.

Avec l’accélération des événements catastrophiques et l’amplification de la souffrance de l’âme, la tendance à la déportation impulsée par les réflexes conditionnés de l’ego se renforce également. Il devient de plus en plus difficile de rester centré, aligné, dans le chaos ambiant, qui manifeste extérieurement les ombres intérieures du collectif humain. Si, dans ce contexte, les êtres humains ne parviennent pas à lâcher prise et à se convertir au sens mystique du terme, c’est-à-dire à revenir vers eux-mêmes, au contact du vivant, il va devenir très difficile de rester équilibré mentalement et émotionnellement. De plus en plus de gens vont basculer dans l’hystérie et la nervosité extrême. Les maladies nerveuses, les dépressions et les crises d’angoisse vont s’accroître au sein du collectif. Il ne s’agit évidemment pas de se montrer alarmiste ou de jouer sur la peur, mais de prévenir en observant la tendance et l’inévitable dérive vers laquelle nous nous acheminons, que nous le voulions ou non. L’inéluctabilité de cette prophétie apocalyptique vient du fait que le karma résiduel doit nécessairement être écoulé pour que puisse naître l’Homme Nouveau, et cela ne peut se passer sans la souffrance sacrificielle de l’âme vivante, qui EST, dans l’ordre microcosmique, ce karma résiduel, cette ombre intérieure, cet Agneau égorgé.

Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne soyez pas troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s'élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume ; il y aura des tremblements de terre en divers lieux, il y aura des famines. Ce ne sera que le commencement des douleurs. » Marc 13:7-8

La connaissance met un terme à l’ignorance et à la peur qui en découle. Comme l’a dit René Guénon, dont nous citons à nouveau les propos tant ils sont remarquables : « ceux qui savent qu’il doit en être ainsi ne peuvent, même au milieu de la pire confusion, perdre leur immuable sérénité ; si fâcheux qu’il soit de vivre dans une époque de trouble et d’obscurité presque générale, ils ne peuvent en être affectés au fond d’eux-mêmes, et c’est là ce qui fait la force de l’élite véritable ». L’élite véritable dont il parle, ce sont les « élus » dont nous pouvons faire partie si nous le voulons et que nous faisons les efforts nécessaires. Cette élite est constituée par une minorité qui accepte de renoncer à la condition d’esclaves du Dragon de l’Apocalypse qui règne actuellement sur le monde. Dans l’ordre microcosmique, donc ésotériquement parlant, ce Dragon que Jean appelle également « le Serpent, l’antique Serpent, celui qu’on appelle Diable et Satan, celui qui égare le monde entier » (Apocalypse 13-9), n’est autre que l’esprit de division (ou esprit du mal[12]) qui influence chaque être humain jusqu’à ce qu’il décide, par l’usage de son libre-arbitre, de renoncer à cette fausse identification en revenant au centre, dans la voie de juste milieu, celle dans laquelle il est aligné sur la Volonté divine, la Lumière de l’Esprit dirigée au cœur de soi-même, afin d’y accueillir l’âme vivante dans toutes ses facettes, même les plus ombrageuses. Renoncer à l’identification à l’esprit diabolique, est la condition sine qua none à l’écoulement du karma résiduel. Ce passage obligé, nécessairement douloureux, est symboliquement la « descente aux enfers », le « chemin de croix » ou encore la « traversée du désert », étape initiale de l’œuvre au blanc alchimique, si difficile à accomplir au vu de toutes les stratégies inhibitrices qui tentent de nous dévier de cette voie de l’illumination intérieure.

Celles et ceux qui veulent être « sauvés » doivent par conséquent lâcher prise[13], c’est-à-dire renoncer à la tentation de réagir par les réflexes conditionnés de l’ego dysfonctionnel. C’est la seule et unique manière de s’affranchir du pouvoir des quatre cavaliers et d’être ainsi en mesure d’entamer l’œuvre au blanc alchimique, celle qui doit permettre la libération totale du karma résiduel et, par conséquent, la restauration du potentiel christique de l’être qui s’y applique. Pour cela, il est absolument indispensable de ne pas se laisser sortir de soi-même par les réflexes conditionnés de l'ego-mental diabolique, qui agit comme une force centrifuge détournant l'attention hors du vivant. Ce lâcher-prise par lequel nous restons centrés, focalisés sur le vivant, est rendu d'autant plus difficile que tout est fait pour dévier l'attention vers des chimères. Les industries et leurs technologies utilisées à mauvais escient,  symbolisées par la seconde Bête, bombardent l'esprit humain de ces sources de stimulation nuisibles pour l'âme vivante. Cela est particulièrement visible avec l'industrie du divertissement et les médias, dont l'emprise liberticide a elle aussi été annoncée dans le Livre de l'Apocalypse, au travers du symbolisme de « l'image de la Bête » (cf. chapitre 13). En plus de la distraction perverse qui sacralise le matériel et désacralise le spirituel, dans une inversion diabolique, les médias servent les intérêts des gouvernements, eux-mêmes dirigés par l’élite pervertie sous l'influence du Dragon, pour orienter l'opinion publique à des fins de propagande, tout en faisant croire au peuple qu'il détient le pouvoir de choisir librement (illusion de la démocratie).

Cette élite inversée a tout intérêt à induire les individus en erreur et à les sortir d’eux-mêmes afin d’empêcher qu’en eux puisse s’élever le christ restauré. En déviant ainsi les individus de l’essentiel par la programmation mentale et la stimulation émotionnelle, ceux-ci restent prisonniers de la brume hypnotique produite par les quatre cavaliers (cf. image précédante) et interrompent par conséquent la transmutation de la souffrance karmique que les circonstances du quotidien font remonter à la surface de leur psyché. Le karma résiduel n’étant pas transmuté, il devra à nouveau se manifester, encore plus violemment, par des catastrophes et des tragédies humaines, qui à nouveau donneront lieu à des réactions égotiques canalisées par l’élite corrompue pour servir ses intérêts, dans un tourbillon destructeur qui mène le collectif humain ainsi que la planète vers toujours plus de désordre et de déséquilibre. La chaîne sans fin de l’action-réaction, où une cause entraîne un effet, qui devient à son tour la cause d’un autre effet, est une caractéristique diabolique du monde moderne, qui enchaîne les êtres aux conséquences de leur propre karma.

 

La naissance de l’Homme Nouveau

Comme le disait le grand clairvoyant Edgar Cayce : « Nous attirons exactement ce dont nous avons besoin à chaque instant ». Chaque jour, de nombreuses opportunités s’offrent à nous d’accueillir les ombres intérieures ravivées par les circonstances en nous plaçant dans le juste positionnement intérieur, ce lâcher-prise par lequel nous accordons notre attention bienveillante à notre réalité intérieure. En nous donnant les moyens de réaliser cette conversion intérieure, nous pouvons nous libérer de notre karma résiduel et ainsi nous éveiller de plus en plus à notre nature christique. En renonçant aux schémas de fonctionnement de la nature inférieure, l’épais brouillard de l’esprit de division se dissipe et l’ouverture de notre esprit individuel laisse passer de plus en plus de Lumière, celle du Pur Esprit, qui peut ainsi s’unir au Féminin sacré. Cette union alchimique entre le Masculin sacré et le Féminin sacré attise le feu intérieur christique qui peut ainsi s’élever et circuler toujours plus librement dans notre anatomie subtile, poursuivant ainsi l’œuvre de transmutation jusqu’à la réintégration pleine et entière de l’état primordial. Cet art de vivre victorieusement est la pratique spirituelle véritable. aucoeurduvivant verbe dragon elan sarroC’est un combat spirituel qui doit se terminer par le triomphe du Verbe sur le Dragon, ou autrement dit, de la Lumière de l’Esprit sur l’ego diabolique qui s’oppose et refuse l’abandon à cette Lumière. C’est le grand djihâd, la grande guerre sainte, toute intérieure et donc spirituelle, dont parlait le prophète Mohammed.

Le terme de l’œuvre au blanc alchimique coïncide avec l’écoulement total du karma résiduel de l’individu et donc par la restauration de son état édénique primordial, qui fut celui de l’âme vivante avant sa chute dans l’oubli, l’ignorance et l’illusion. L’individu qui parvient à ce stade d’évolution de la conscience est potentiellement libéré, « sauvé ». Il fait partie des esclaves de Dieu, des « élus », auquel il est fait directement référence après l’ouverture du sixième sceau :

Ne faites point de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu'à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu ». Apocalypse 7:3

L’être qui a transmuté l’intégralité de son karma résiduel n’a plus d’ombre à l’intérieur de lui. L’énergie vitale circule librement, sans blocage, sans répression. Il réalise son plein potentiel par l’expression libre de sa vraie nature. L’élévation libre du feu intérieur christique le long de sa colonne vertébrale est à l’image de son ADN pleinement actif dans son rayonnement lumineux. La production de la lumière photonique à l’intérieur même des molécules d’ADN n’est en effet plus limitée par les voiles de l’ego dysfonctionnel qui entravaient son déploiement. Cet être réalisé possède la vie éternelle dont parlait Jésus, l’immortalité spirituelle symbolisée par l’or ; l’or de l’esprit individuel qui a dépassé le stade de l’attachement aux choses de ce monde et à leur impermanence.

Si l’objectif de la restauration complète de l’âme vivante dans son état primordial, est encore loin d’être réalisé pour bon nombre d’entre-nous, cela n’a aucune importance, car nous pouvons à chaque instant nous placer dans le juste positionnement intérieur pour réaliser cet objectif. C’est le pas que nous sommes en train de faire qui nous rapproche du but, et c’est donc ce pas qui doit être au centre de notre attention. Dans un certain sens, le but n’est autre que le chemin lui-même, car c’est l’état d’esprit qui est le nôtre sur ce chemin qui fait toute la différence, et cet état d’esprit peut être PARFAIT ici et maintenant. Cette perfection spirituelle est atteinte lorsque nous nous alignons sur la Volonté divine, en accueillant avec bienveillance les états d’âme que nous vivons en réaction aux circonstances auxquelles nous sommes exposés. Ce regard aimant accordé au vivant est la rectification alchimique qui permet au processus de transmutation karmique de se dérouler en adéquation avec l’ordre naturel des choses. Ce positionnement intérieur nous permet de triompher instantanément de toutes formes de réactions égotiques (notamment la peur, la colère et la haine), et de rester ainsi maître de soi-même, centré, imperturbable, dans l’œil du cyclone.

Compte tenu du contexte géopolitique actuel et des tendances observées au sein du collectif humain, nous sommes d’avis que le pire est à venir en termes d’événements extérieurs et de souffrance karmique que l’exposition à ces événements, directe ou indirecte, est susceptible de réveiller en chacun d’entre-nous. Mais qu’à cela ne tienne, l’acte de foi par lequel nous acceptons de nous placer dans l’esprit de bienveillance à l’égard du vivant, est à la fois notre meilleure arme et notre meilleur bouclier pour passer au travers de la période apocalyptique actuelle de la manière la plus harmonieuse qui soit. Il n’est pas question de se désolidariser du monde actuel, bien entendu, mais de refuser de faire partie des acteurs du chaos bien malgré nous, en choisissant la voie du juste milieu, celle de la sagesse synonyme de justesse.

aucoeurduvivant licorne arc en ciel elan sarro

Car alors, la détresse sera si grande qu'il n'y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu'à présent, et qu'il n'y en aura jamais. Et si ces jours là n'étaient pas abrégés, aucune âme vivante n'échapperait : mais grâce aux élus, ces jours seront abrégés » Matthieu 24:21-22

 


[1] Extrait tiré du livre « L’Apocalypse de Jean, un message pour notre temps », Éd. Question de - Albin Michel, 1987.

[2] L’étymologie du mot « religion » est l’objet de nombreuses controverses, mais l’ensemble des interprétations fait toutefois ressortir une idée commune, qui est celle du lien qui unit l’individu à Dieu, et l’individu à son prochain.

[3] Tout comme le serpent sur la perche de Moïse, l’Agneau fut placé au centre de la croix dans l’iconographie chrétienne des premiers siècles, mais « c’est sans doute pour éviter toute confusion des cultes et des croyances, qui pourrait résulter de la similitude des symboles, qu’un concile tenu à Constantinople, en 692, ordonna que l’art chrétien représente le Christ en Croix non plus sous la forme d’un Agneau, ni entouré du soleil et de la lune (N.B. : pour masquer les correspondances avec l’hermétisme), mais sous les traits de l’homme. » Propos tirés du « Dictionnaire des Symboles », de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant. Éd. Robert Laffont & Jupiter, 1982

[4] Nous nous référons ici à l’hébreu et non au grec, cas nous pensons que les textes sacrés qui composent le canon chrétien, ont été rédigés à l’origine dans la langue hébraïque. Si le sujet vous intéresse, nous vous invitons à découvrir l’ouvrage « Le Christ Hébreu », du philosophe et exégète Claude Tresmontant.

[5] Voir notamment le début de notre article Le karma résiduel et sa transmutation.

[6] « En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché. » (Jean 8:34)

[7] « En tant qu'entité eschatologique attendue dans l'espoir d'un monde meilleur, Kalkî est à rapprocher du Messie des Juifs, de la seconde venue du Christ espérée par les Chrétiens, du Mahdi musulman et de Maitreya pour les Bouddhistes. La croyance en un messie chargé de sauver le monde à la fin des temps est donc très répandue, et présente souvent des caractéristiques semblables, inspirées notamment de l'image du guerrier à cheval. » Source Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kalk%C3%AE.

[8] Extrait tiré de l’article « L’esprit de l’Inde », publié dans Le Monde Nouveau, en juin 1930.

[9] Extrait tiré de l’article « Quelques aspects du symbolisme du poisson », publié dans les Études Traditionnelles, en février 1936.

[10] Extrait tiré du livre « Les quatre fléaux », Éd. Denoël.

[11] Voir notre article Le véritable esprit dissident et son usurpation.

[12] Voir notre article Comprendre l'influence du mal et s'en libérer.

[13] Voir notre article L’impérieuse nécessité du lâcher-prise.

 

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Citation inspirante

C'est en faisant le bien que l'on détruit le mal, et non en luttant contre lui. C'est en cultivant l'amour que l'on détruit la haine, et non en l'affrontant. C'est en faisant croître la lumière que l'on triomphe de l'obscurité, et non en lui livrant combat.

Charif Barzouk,

philosophe berbère de tradition orale,

de la première moitié du 20e siècle.